L'histoire de la Commanderie de Lacommande

Près de neuf siècles d’histoire sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle

Au cœur du Béarn et du vignoble du Jurançon, la Commanderie de Lacommande témoigne de près de neuf siècles d’histoire.

Son origine remonte à la première moitié du XIIe siècle. L’établissement est fondé à l’initiative de Gaston IV de Béarn, dit Gaston le Croisé, pour accueillir notamment les voyageurs et pèlerins se dirigeant vers les Pyrénées et Saint-Jacques-de-Compostelle.

Son premier nom connu est Espitau deu Faget d’Aubertii, que l’on peut traduire par « Hôpital de la hêtraie d’Aubertin ». La première source écrite connue concernant l’établissement est la Charte Albertine de 1128.

Aujourd’hui encore, l’ancien ensemble hospitalier, l’église romane, le jardin-cimetière et le village racontent cette histoire particulière, étroitement liée à l’accueil, au pèlerinage et à l’histoire du Béarn.

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1128 : aux origines de Lacommande

Pour comprendre la Commanderie, il faut revenir au début du XIIe siècle.

À cette époque, Gaston IV de Béarn joue un rôle majeur dans l’organisation du territoire béarnais et dans le développement d’un réseau d’établissements hospitaliers destinés à accueillir les voyageurs et les pèlerins.

À Lacommande, un établissement hospitalier est créé sous le nom d’Espitau deu Faget d’Aubertii.

La Charte Albertine de 1128 constitue le premier document connu relatif à cet établissement.

L’objectif est alors très concret : offrir un lieu d’accueil et de repos sur un itinéraire emprunté par ceux qui traversent le Béarn en direction des Pyrénées.


Un hôpital sur la route des pèlerins

L’établissement se trouve sur l’itinéraire aujourd’hui appelé voie d’Arles ou Via Tolosana, l’une des grandes voies françaises associées aux chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Entre Lescar et Oloron-Sainte-Marie, Lacommande constituait une étape avant la poursuite du voyage vers les Pyrénées et le col du Somport.

L’hôpital accueillait les pèlerins et voyageurs afin qu’ils puissent y trouver repos et assistance avant de poursuivre leur route.

Cette vocation hospitalière est fondamentale pour comprendre l’identité du lieu : avant d’être un monument à visiter, Lacommande fut d’abord un lieu d’accueil et de passage.


De l’hôpital à la Commanderie

Le terme « Commanderie » n’apparaît pas immédiatement dans l’histoire du site.

La première mention connue d’un commandeur à Lacommande date de 1208, dans un document provenant du cartulaire de Sainte-Christine-du-Somport.

C’est donc à partir du XIIIe siècle que l’on peut documenter avec certitude l’existence de la commanderie sous cette organisation.

L’établissement est alors administré par des chanoines réguliers de Saint-Augustin et appartient au réseau hospitalier lié à Sainte-Christine-du-Somport.

Cette nuance est importante : la fondation de l’hôpital remonte au XIIe siècle, tandis que la première preuve écrite de l’existence d’un commandeur date de 1208.


L’église Saint-Blaise, témoin de l’art roman

À côté de l’ancien hôpital se dresse l’église Saint-Blaise, édifiée au XIIe siècle.

Son architecture romane constitue aujourd’hui l’un des éléments majeurs de l’ensemble patrimonial de Lacommande.

À l’intérieur, le chœur conserve notamment des chapiteaux sculptés représentant des scènes bibliques, mais également des motifs mythologiques et des scènes inspirées de la vie quotidienne.

L’ensemble permet de mesurer l’importance que pouvait avoir ce site hospitalier au Moyen Âge.

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Un ensemble organisé autour de l’accueil et de la vie religieuse

Au Moyen Âge, le site ne se limitait pas aux bâtiments que l’on observe aujourd’hui.

L’ensemble comprenait notamment :

l’hôpital, destiné à l’accueil ;

l’église, lieu de vie religieuse ;

un cloître ;

un cimetière.

Ces différents espaces constituaient un ensemble cohérent dans lequel accueil des voyageurs, vie religieuse et fonctionnement quotidien étaient étroitement liés. Une source consacrée à l’histoire de Lacommande évoque également un contrat de paréage de 1297 entre le commandeur et le vicomté de Béarn, témoignant de l’organisation progressive de la communauté autour de l’établissement.


Les troubles de la Réforme

L’histoire de la Commanderie n’a pas été linéaire.

Au XVIe siècle, le Béarn connaît d’importants bouleversements religieux liés à la Réforme.

La Commanderie est elle aussi touchée.

Selon la notice patrimoniale du ministère de la Culture, le cloître est détruit pendant cette période.

Il n’en subsiste donc plus aujourd’hui sous sa forme médiévale.

À son emplacement se trouve désormais un jardin qui constitue l’un des espaces les plus remarquables du site.


Les Barnabites et le renouveau de la Commanderie

Après cette période troublée, le site connaît un nouveau chapitre de son histoire.

En 1610, le pape et le roi accordent aux Barnabites les possessions françaises de Sainte-Christine-du-Somport.

Ils ne s’installent cependant à Lacommande que vers 1642.

Avec leur arrivée, la Commanderie retrouve une période de prospérité qui se poursuit jusqu’à la Révolution française.

Cette présence marque profondément les XVIIe et XVIIIe siècles du site.


Le jardin-cimetière et ses stèles discoïdales

À l’emplacement de l’ancien cloître se trouve aujourd’hui un jardin-cimetière particulièrement remarquable.

Il conserve une importante collection de stèles funéraires discoïdales, reconnaissables à leur forme circulaire caractéristique.

Tourisme64 situe notamment plusieurs de ces stèles au XVIIe siècle et présente le jardin-cimetière comme l’un des éléments patrimoniaux majeurs de l’ensemble de Lacommande.

Ces pierres racontent une autre histoire du site : celle des hommes et des femmes qui ont vécu autour de la Commanderie au fil des siècles.


La Révolution française transforme le destin du lieu

La Révolution française marque une rupture importante.

Contrairement à ce qui s’était produit pendant les troubles religieux antérieurs, les bâtiments ne sont pas détruits.

Leur usage et leur propriété changent cependant profondément.

Selon le ministère de la Culture :

  • l’église devient propriété de la commune ;
  • l’ancien cimetière est conservé ;
  • l’ancien hôpital est acheté par un particulier, Peyré dit Bergerou ;
  • le bâtiment hospitalier est alors transformé en grange et chai.

L’ancien établissement hospitalier entre alors dans une nouvelle période de son histoire, très éloignée de sa fonction médiévale originelle.


1962 : la reconnaissance comme Monument historique

Au XXe siècle, la valeur patrimoniale du site est officiellement reconnue.

L’ancienne Commanderie est classée au titre des Monuments historiques par arrêté du 12 mars 1962.

Cette protection reconnaît l’intérêt historique et architectural exceptionnel de l’ensemble.

L’église romane et l’ancien ensemble hospitalier constituent aujourd’hui l’un des témoignages majeurs du patrimoine médiéval de cette partie du Béarn. Les organismes touristiques institutionnels présentent d’ailleurs Lacommande comme l’un des rares exemples de commanderie hospitalière encore en élévation dans le territoire.


Les pèlerins passent toujours à Lacommande

L’histoire hospitalière du lieu n’appartient pas entièrement au passé.

Lacommande reste aujourd’hui située sur la voie d’Arles des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Et, près de neuf siècles après la fondation de l’hôpital médiéval, des pèlerins continuent de faire étape ici.

Une halte Saint-Jacques communale, située dans le corps de bâtiments de la Commanderie, accueille encore les marcheurs empruntant l’itinéraire. L’Agence des chemins de Compostelle référence officiellement Lacommande comme un relais de la voie d’Arles.

La fonction d’accueil imaginée au XIIe siècle trouve ainsi un prolongement étonnamment actuel.


Une Commanderie au cœur du vignoble du Jurançon

L’histoire de Lacommande est aussi indissociable du territoire qui l’entoure.

Aujourd’hui, le village se trouve au cœur du vignoble du Jurançon, entre Pau et Oloron-Sainte-Marie.

Face à la Commanderie, la Maison des Vins du Jurançon témoigne de cette autre facette du territoire et rassemble les productions de nombreux vignerons indépendants de l’appellation.

Patrimoine médiéval, chemins de Compostelle et vignoble se rencontrent ainsi dans un même village.


Quelques dates pour comprendre l’histoire de la Commanderie

Première moitié du XIIe siècle

Fondation de l’établissement hospitalier à l’initiative de Gaston IV de Béarn, dit le Croisé.

1128

Première source écrite connue : la Charte Albertine.

1208

Première mention connue d’un commandeur de Lacommande, dans le cartulaire de Sainte-Christine-du-Somport.

1297

Un contrat de paréage associe le commandeur et le vicomté de Béarn dans l’organisation du territoire.

XVIe siècle

Les troubles de la Réforme affectent la Commanderie et entraînent notamment la destruction du cloître.

Vers 1642

Arrivée des Barnabites à Lacommande et nouvelle période de prospérité.

Révolution française

L’église devient propriété communale tandis que l’ancien hôpital passe dans le domaine privé et est transformé en grange et chai.

12 mars 1962

L’ancienne Commanderie est classée Monument historique.

Aujourd’hui

Lacommande demeure une étape de la voie d’Arles et continue d’accueillir des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.


De l’hôpital médiéval à la Commanderie d’aujourd’hui

Près de neuf siècles ont passé.

Pèlerins, religieux, habitants et voyageurs se sont succédé dans ces bâtiments.

Les usages ont changé.

Le cloître a disparu.

L’ancien hôpital a connu plusieurs vies.

Mais la vocation d’accueil du lieu n’a jamais totalement disparu.

Aujourd’hui, la Commanderie s’ouvre de nouveau aux visiteurs et propose de découvrir ce patrimoine autrement, à travers l’histoire mais également grâce à Parenthèse, la chambre sourde, les expériences sensorielles et le jeu de piste.

Le monument continue ainsi d’évoluer sans effacer ce qui constitue son identité depuis le XIIe siècle :

un lieu de passage, de rencontre et de pause au cœur du Béarn.

Questions fréquentes sur l’histoire de la Commanderie

Qui a fondé la Commanderie de Lacommande ?

L’établissement hospitalier à l’origine de la Commanderie a été fondé au XIIe siècle à l’initiative de Gaston IV de Béarn, dit Gaston le Croisé. Le premier document connu concernant l’établissement est la Charte Albertine de 1128.

Pourquoi la Commanderie a-t-elle été construite ?

Sa fonction première était hospitalière : l’établissement permettait notamment d’accueillir et d’assister les pèlerins et voyageurs empruntant cet itinéraire à travers le Béarn vers les Pyrénées.

La Commanderie se trouve-t-elle sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle ?

Oui. Lacommande se trouve sur la voie d’Arles, entre Lescar et Oloron-Sainte-Marie. Cet itinéraire poursuit ensuite sa route vers les Pyrénées.

De quand date l’église Saint-Blaise ?

L’église Saint-Blaise date du XIIe siècle et constitue un remarquable témoignage de l’architecture romane du site.

Pourquoi n’y a-t-il plus de cloître ?

La notice officielle des Monuments historiques indique que le cloître a été détruit pendant les troubles de la Réforme. Le jardin-cimetière occupe aujourd’hui cet espace.

Depuis quand la Commanderie est-elle classée Monument historique ?

L’ancienne Commanderie est classée au titre des Monuments historiques depuis le 12 mars 1962.

 

Entrez dans l’histoire

La meilleure façon de comprendre la Commanderie reste encore de parcourir les lieux où cette histoire s’est déroulée.

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